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Dysphasie phonologique-syntaxique - 7 ans

Soumis par redaction le dim, 21/02/2010 - 23:13
  • témoignages

Jusqu'à 3 ans, qui aurait pensé que ce petit bonhomme était différent ?
Il ne parle pas ? mais c'est normal, laissez-lui le temps...
Cela viendra.... Il décrochera d'un coup... etc...

Par nos questions et nos angoisses, le pédiatre propose l’orthophonie et l’atelier afin de le stimuler.

Mais à 5 ans, ce sont toujours ses yeux qui parlent... ces bruitages incroyables qui sortent de cette petite bouche... ces gestes très précis qui vous expliquent ses envies, ses craintes, ses joies...

Au jardin d’enfant, les premiers 6 mois se passent merveilleusement bien selon la maîtresse. Mais au mois de janvier, tout à coup la question se pose. Il a trop besoin de jouer. Ira-t-il en première année ? ?

Par ses pages d’écriture (à sa manière). Ecrire, toujours écrire, il nous le fait comprendre par ses propres moyens : je veux apprendre ...

C’est un enfant très chaleureux, généreux dont la joie de vivre est communicative. Il est par contre difficile d’avoir autant de vivacité que lui. On entend beaucoup parler d’hyperactivité. Est-il atteint de cela ?

Il aime le sport, les jeux d’adresse, les animaux, le dessin, le bricolage. Par contre il n’est pas trop télé. – Comprend-il vraiment ?

L’idée d’être seul ou avec une personne peu connue l’angoisse totalement. Est-ce-qu’on le couve trop ?

Nous passons alors plusieurs heures chez les médecins, psychologues qui lui font passer des test de QI absolument incompréhensibles pour lui.

L’ostéopathe, enfin, nous comprend, écoute et nous soutient pour investiguer plus loin. Le pédiatre est d’accord pour nous envoyer chez une neuropédiatre qui en 1 heure pose son diagnostic, approuvé par la suite par une neuropsychologue.

Dysphasie phonologique-syntaxique... En bref : difficulté à comprendre et à s’exprimer

les phrases sont mal organisées, l’articulation est déviante...

Cela fait mal... mais quel soulagement... 3 ans de questions et de doutes peut-être non fondés. Enfin on va pouvoir l’aider.

La première année d’école est plus que conseillée par les médecins qui nous soutiennent en venant personnellement à l’école discuter avec les maîtresses et l’orthophoniste.
La manière d’enseigner doit être structurée. Ces enfants ont besoin de soutien, d’explications claires et la lecture ne peut que les aider à parler.

Ce petit bonhomme va avoir 7 ans. Même si dans la rue les gens le regardent bizarrement lorsqu’il parle, il a fait d’énormes progrès et surtout il se sent bien dans sa peau.
Merci à ceux qui nous ont aidés. Le parcours n’est pas terminé, c’est pour cette raison que nous devons parler de ce handicap qui ne se voit pas, mais qui fait terriblement souffrir...

2002 : deux années se sont écoulées…

La première année d’école n’a pas été facile.

L’institutrice n’a pas pris le wagon du bon train, celui des thérapeutes professionnelles.

Le pédagogue a pourtant une place primordiale dans la vie d’un enfant dysphasique. Peut-être était-ce trop lourd à gérer…

Il faut comprendre son langage, mais aussi ce qu’il ressent.
Il faut du temps, beaucoup d’énergie et certainement du « vécu ».

En ce début de 3ème année, c’est un instituteur qui a repris la classe (plus de 20 élèves ! là, il y a du travail pour les commissions scolaires et l’instruction publique…).
Nous avons vu beaucoup de changement au niveau de l’encadrement et de la structure par rapport aux deux dernières années.
Les progrès de notre fils nous montrent qu’il ne faut pas désespérer.

Bien qu’il reconnaisse presque toutes les lettres et les sons, il ne sait pas encore lire. Il confond les sons P/B D/T C/G CH/J. Sa manière de parler est encore « hachée » et pas toujours comprise par les personnes extérieures à son entourage.
En math. Il arrive à reconnaître les chiffres de 1 à 10 et à résoudre quelques additions à l’aide du boulier, mais ne maîtrise pas les dizaines.

Malgré ses difficultés, il suit toujours le cursus scolaire normal sans avoir repassé une année. Il est très bien intégré dans la classe avec ses copains et ne subi pas spécialement de moqueries vis-à-vis des autres. Peut-être grâce à sa bonne humeur journalière et communicative.

Il est bien clair qu’au cours de chaque année, nous nous posons toujours la même question. – doit-il refaire une année ? – est-il toujours à sa place au sein de l’école publique dans une classe de passé 20 élèves ?

C’est pour cela que nous tenons à remercier l’école pour son écoute et sa disponibilité.

Environ tous les deux mois, nous nous retrouvons pour parler
(maîtres-orthophoniste-inspecteur scolaire-parents) afin de gérer le meilleur programme, de discuter des progrès, et surtout de suivre tous le même rail…

Mais, en tant que parents, nous avons toujours cette petite voix qui nous dit :
- comment sera sa vie d’adulte ?…

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