Que proposer?
- En cas de doute, il peut être utile de discuter avec son médecin d’un bilan pluridisciplinaire: orthophonique, ORL (avec, si cela est possible, une évaluation auditive), neuropédiatrique, psychologique.
- A trois ans, il n’est pas trop tôt pour envisager un bilan (peut-être même plus tôt dans certains cas surtout si on suspecte un problème d’audition ou si l’enfant présente des difficultés de compréhension lorsqu’on s’adresse à lui).
- Chez le jeune enfant, de trois ou quatre ans, une hypothèse de dysphasie peut être avancée ("La dysphasie en milieu scolaire: identification, évaluation" Fortin, p. 30.) On aura cependant besoin du recul de la réponse à l’intervention orthophonique pour affiner le diagnostic.
- Un examen neuropsychologique peut ensuite s’avérer indiqué pour aider à clarifier le portrait complexe de certaines dysphasies en vue de connaître les forces et les déficits de l’enfant, ses compétences cognitives et les moyens de rééducation appropriés.
"Une fois le diagnostic posé, nous avons ressenti un certain soulagement de savoir enfin ce qu’il avait. Que ce n’était pas de notre faute ni celle de notre enfant. Il n’y arrivait tout simplement pas."
"Cela fait mal mais, enfin, on pourra l’aider"
Qui s’occupera de l’enfant dysphasique ?
Principalement l’orthophoniste-logopède, en lien avec les parents
«Un enfant dysphasique va être aidé de façon absolument personnalisée, intensive… et prolongée» ("Critères de dysphasie", bulletin d’audiophonologie: Aimard, p. 452.).
«Une intervention langagière ne pourra être que limitée si elle ne s’occupe que de l’enfant ou si elle ne parvient pas à faire participer l’entourage au processus de construction de la communication et du langage. L’objet de l’intervention devrait être l’ensemble de la structure interactive qui permet l’acquisition du langage: l’enfant, la mère et le père, le reste de la famille, ses compagnons» ("L’intervention dans les troubles graves de l’acquisition du langage et les dysphasies développementales", Monfort, p. 115.).
La guidance parentale vise avant tout à encourager les parents «à maintenir un échange et une relation satisfaisante avec leur enfant»
Éventuellement d’autres thérapeutes, selon la présence de difficultés associées.
Le plus souvent interviendront alors psychomotriciens, ergothérapeutes, physiothérapeutes ou psychologues.
Et le financement de ces prises en charge?
ndlr: mettre a jour après rptEn Suisse, sauf exception, ces prises en charge sont financées entièrement par l’AI (Assurance-Invalidité) jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire. La décision de l’AI est prise à la suite d’une demande accompagnée d’un bilan justifiant la nécessité de la prise en charge.
Plus précisément, l’AI prend en charge le traitement orthophonique pour la dysphasie sous couvert du ch. 234 de la liste des graves difficultés d’élocution pour les enfants qui sont capables de fréquenter l’école publique.

