Plus on agit tôt, plus on donne à l’enfant la chance d’éviter la souffrance de ne pas être compris ou de subir des «malentendus» (par ex.: «Il ne se donne pas de peine.»).
«Quelques fois les gens croient qu’il dit des gros mots alors que ce n’est pas le cas. Il se fait gronder et ne comprend pas pourquoi…».
Plusieurs chercheurs, dont Habib (Dyslexie: le cerveau singulier, Solal, Marseille, 1997), neurologue, parlent d’une période critique pour le développement du langage. Monfort et Juarez Sanchez (L’intervention dans les troubles graves de l’acquisition du langage et les dysphasies développementales, Ortho Edition, Paris, 2001) ajoutent: «Plus nous pourrons intervenir à l’intérieur de cette période, plus nous aurons de chances de développer des apprentissages naturels, efficaces et rapides. (…) une intervention précoce nous permettra sans doute de profiter d’une plasticité cérébrale supérieure, en ce qui concerne les réorganisations fonctionnelles.» (p. 114)
L’intervention précoce s’adresse avant tout aux familles. Les parents soutenus par des spécialistes vont pouvoir s’adapter plus facilement aux besoins de leur enfant. Cet accompagnement devrait aussi les aider à se sentir plus utiles, plus efficaces et surtout d’être sûrs d’agir dans le bon sens.
Ainsi suivi, l’enfant dysphasique aura plus de chances de pouvoir suivre une scolarité ordinaire. «Avec le recul des années, il apparaît que seuls des enfants qui ont pu bénéficier de cette aide précoce, à condition d’être aidés beaucoup et longtemps, peuvent être scolarisés et évoluer de façon tout à fait positive». ("Critères de dysphasie", P. Aimard, Bulletin d’audiophonologie, 1996, p. 455.)