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Réseau suisse pour la dysphasie: trouble spécifique du langage oral
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Dysphasie?

Soumis par redaction le mar, 16/02/2010 - 08:48
  • définitions

Pour 5 %* des enfants en âge d'être scolarisés, le développement du langage pose un problème majeur.

Votre enfant à 3 ans. Il parle peu, il comprend mal mais il a envie de communiquer...

et s'il était dysphasique ?

Définitions

La dysphasie est un trouble spécifique de l’apprentissage du langage.

«La dysphasie se définit par l’existence d'un déficit durable des performances verbales, significatif en regard des normes établies pour l'âge. Cette condition n'est pas liée à un déficit auditif, à une malformation des organes phonatoires, à une insuffisance intellectuelle, à une lésion cérébrale acquise au cours de l'enfance, à un trouble envahissant du développement, à une carence grave affective ou éducative» (Ed. De Boeck Paris, "L'enfant dysphasique", Ch.-L. Gérard, p. 12.)

«La dysphasie est une anomalie du développement du langage en lien avec un dysfonctionnement des structures cérébrales spécifiquement mises en jeu lors du traitement de l'information langagière» (Ed. Masson Paris,"Dysphasies, troubles mnésiques et syndrome frontal chez l'enfants", M. Mazeau, p. 20.).

L'enfant dysphasique ne développe pas son langage de façon normale. Si un retard se comble (au moins partiellement), une dysphasie persiste car c’est un trouble structurel (Ed. Solal Marseille, "Dyslexie: le cerveau singulier" M. Habib). Cela ne signifie pas que les difficultés langagières seront immuables: une évolution favorable est souvent la règle, mais le langage de l’enfant gardera généralement, à des degrés variables, la marque du trouble initial, occasionnant plus ou moins de gêne.

La dysphasie peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses: paroles indistinctes, expressions télégraphiques ou par mots isolés, trouble de la syntaxe (structuration des phrases), manque du mot, difficultés dans la structuration du discours, compréhension partielle du langage oral.

Il n'y a pas une dysphasie mais des dysphasies. On s'entend toutefois pour reconnaître trois profils de déficits, un premier caractérisé par une atteinte prédominante de l'expression (dysphasies expressives), un deuxième par une atteinte de la compréhension (dysphasies réceptives) et le dernier correspondant à une atteinte mixte (Fréquences, Numéro sur "La dysphasie en milieu scolaire: identification, évaluation", 12 (2) 2000, Fortin, p. 28-29.)

*En avançant le chiffre de 1 % jusqu'ici, on avait sous-estimé l'incidence de la dysphasie, ce 1 % ne rendant compte en fait que des dysphasies «graves» (Fréquences, Numéro sur "La dysphasie en milieu scolaire: identification, évaluation", 12 (2) 2000: Fortin, p. 27-28.)

Voir aussi: http://perso.orange.fr/jerome.grondin/dysphas.htm

Causes

Beaucoup d’auteurs pensent actuellement qu’il s’agit de causes multifactorielles où interviennent diversement, selon chaque cas, la combinaison de facteurs «primaires» (génétiques, neurobiologiques…) et de facteurs «secondaires» (anomalies développementales en lien avec l’exposition à la langue et les interactions précoces). On parle alors de trouble «neuro développemental».

«On sait que le cerveau humain est biologiquement programmé pour développer le langage.» Chez certains dysphasiques, «c’est cet équipement inné qui est perturbé» (Ed. Jacques Grancher Paris, "l'apprenti parleur", M. Varraud & V. Alis, p. 108, voir aussi Ed. Odile Jacob Paris, "l'instinct du langage", S. Pinker.)

On sait aussi que cet «équipement neurologique initial» subit de profondes modifications au cours des premières années, modifications qui se produisent sous l’effet de l’exposition à la langue et de son apprentissage progressif. Chez certains enfants, ces remaniements développementaux pourraient se faire de façon inhabituelle, incomplète ou tout simplement différente.

L'origine précise de ce trouble est donc actuellement sujette à diverses hypothèses, d’autant qu’il existe différentes sortes de dysphasies…

L'intervention de facteurs génétiques dans ces divers mécanismes à l'origine de la dysphasie est un modèle généralement accepté. La dysphasie est trois fois plus répandue chez les garçons.

Dans une famille ayant des antécédents, un enfant a un risque plus élevé d’être atteint de dysphasie (Fréquences, Numéro sur "La dysphasie en milieu scolaire: identification, évaluation", 12 (2) 2000, Fortin, p. 28-29.). On a également observé, dans la fratrie des enfants dysphasiques, une fréquence plus élevée (d'environ 22 %) de troubles apparentés à la dysphasie: trouble d'apprentissage, dyslexie, trouble envahissant du développement etc. (1er colloque sur l'audimutité, Actes du colloque de l'AQEA Montréal, 1995, Fortin et Crago, p. 136-137.)

Certaines dysphasies pourraient aussi s'expliquer par une activité électrique cérébrale anormale (passée inaperçue durant le sommeil, par exemple).

«Il est né candidat à la dysphasie mais il ne le devient qu’à travers ses affrontements avec la langue» (Ortho Editions Paris, "L'intervention dans les troubles graves de l'acquisition du langage et les dysphasies développementales", M. Monfort & A. Juarez Sanchez, p. 25.).
Pour plus d'information: contactez-nous

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